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Les escarres constituent une complication fréquente chez les personnes âgées ou en perte d’autonomie, nécessitant une prévention et une prise en charge adaptées. Selon la Haute Autorité de Santé, environ 300 000 patients en France sont concernés, principalement des personnes de plus de 70 ans. Dans ce contexte, l’ADIAM (Association d’Aides Israélites pour les Âgés Malades), acteur reconnu des soins et aides à domicile en Île-de-France, propose une double réponse grâce à son service de soins infirmiers à domicile (SSIAD) et son service d’aide à domicile. Cette complémentarité permet d’assurer une prise en charge globale, alliant gestes techniques et accompagnement quotidien, adaptée aux besoins spécifiques de chaque patient.

Les escarres et leur évolution

L’escarre représente une problématique majeure dans le domaine des soins à domicile, notamment chez les personnes âgées en perte d’autonomie. Pour comprendre comment soigner une escarre, il est essentiel de connaître sa nature, son évolution et les zones à risque.

Définition d’une escarre

Une escarre est une lésion cutanée d’origine ischémique liée à une compression des tissus mous entre un plan dur et les saillies osseuses [1]. Cette plaie chronique apparaît lors d’une position prolongée, assise ou allongée, qui crée une pression sur des zones d’appui. Cette pression comprime les tissus entre deux plans durs et empêche le sang d’affluer normalement, entraînant une diminution de l’apport en oxygène. Cette privation est responsable de la dégradation des tissus, où la plaie finit par se développer, parfois en quelques heures seulement.

Par ailleurs, les médecins utilisent souvent le terme « lésion de pression » pour décrire cette affection, car le stade le plus léger ne provoque pas réellement d’escarre.

Les 4 stades de gravité des escarres

Les escarres évoluent selon quatre stades distincts de gravité, chacun représentant une détérioration progressive des tissus :

Escarre de stade 1 : Une rougeur persistante apparaît sur la peau et ne disparaît pas à la pression. La peau peut être plus chaude, plus froide, plus dure ou plus sensible que la peau environnante. Des douleurs ou démangeaisons peuvent être ressenties. À ce stade, il n’y a pas encore de plaie ouverte, mais les tissus musculaires peuvent déjà être endommagés.

Escarre de stade 2 : Il y a une perte de substance impliquant l’épiderme et en partie le derme. La plaie reste superficielle et peut prendre l’apparence d’une ulcération ou d’une phlyctène (bulle). Les tissus commencent à noircir et des croûtes se forment.

Escarre de stade 3 : L’épiderme, le derme et l’hypoderme sont atteints. La peau n’a plus d’épaisseur et les tissus sous-cutanés se nécrosent. On observe la présence de tissus nécrosés (noirs) et de croûtes. Attention : l’escarre paraît toujours plus infime en surface que ce qu’elle n’est en profondeur.

Escarre de stade 4 : C’est le stade le plus grave, caractérisé par une perte de substance atteignant ou dépassant le fascia. La plaie devient un véritable cratère qui peut impliquer les os, articulations, muscles ou tendons. La peau est entièrement érodée, rendant visibles les structures profondes. À ce stade, la guérison devient extrêmement complexe, car la complication infectieuse de l’escarre peut se propager dans d’autres parties du corps.

Zones du corps les plus touchées

Les escarres apparaissent principalement sur les zones d’appui où l’os est proche de la peau. Dans 80% des cas, l’escarre se développe au niveau du sacrum ou du talon, qui sont les principales zones d’appui des patients à mobilité réduite ou nulle.

De plus, d’autres zones à risque incluent :

  • Les hanches (trochanter)
  • Les fesses (ischions)
  • L’arrière de la tête (occiput)
  • Les chevilles (malléoles)
  • Les coudes
  • Le pied et la cheville
  • Les omoplates
  • La nuque

En effet, les zones ayant une faible couche de peau entre l’os et la surface sont particulièrement vulnérables. Les parties du corps touchées varient aussi selon la position d’immobilisation du patient – position assise, allongée sur le dos ou sur le côté.

Pour traiter efficacement une escarre, il est donc fondamental d’identifier rapidement son stade d’évolution et de comprendre les mécanismes de sa formation, tout en portant une attention particulière aux zones à risque élevé.

Pour plus d’informations vous pouvez consultez les photos d’escarres ainsi que les zones affectées

Identifier les facteurs de risque chez les personnes âgées

Les principaux facteurs de risque sont l’immobilisation prolongée, la fragilité cutanée liée à l’âge, l’incontinence, la dénutrition et la déshydratation de la personne âgée. Ces éléments, souvent combinés, expliquent la forte prévalence des escarres chez les patients âgés ou dépendants en perte d’autonomie et de mobilité. L’évaluation de ces risques par les professionnels de l’ADIAM, qu’ils soient auxiliaires de vie ou infirmiers du SSIAD, permet de mettre en place des mesures adaptées dès les premiers signes.

Immobilisation prolongée

L’immobilisation prolongée représente le facteur de risque principal dans le développement des escarres. Les patients ne pouvant plus bouger ou ressentant une mobilité fortement réduite sont particulièrement vulnérables. Cette situation concerne notamment les personnes alitées, hospitalisées sur une longue durée, en fauteuil roulant ou souffrant de troubles moteurs. Dans ce contexte, recourir à une aide à domicile pour les personnes en situation de handicap ou de mobilité réduite  peut jouer un rôle essentiel afin d’assurer les soins quotidiens et limiter les complications liées au manque de mobilité.

L’immobilité provoque une pression continue sur certaines zones du corps, empêchant ainsi la circulation sanguine normale. Cette compression prolongée des tissus entraîne une diminution de l’apport en oxygène, créant des conditions favorables à l’apparition d’escarres. Par ailleurs, les personnes paralysées, avec fractures ou touchées par une maladie limitant leurs mouvements présentent un risque significativement plus élevé.

La perte de sensibilité aggrave également ce risque, car ces patients ne ressentent pas l’inconfort qui normalement inciterait à changer de position. Cela concerne notamment les personnes atteintes de maladies neurologiques comme les séquelles.

Âge avancé et fragilité cutanée

L’âge constitue un facteur déterminant dans le risque d’escarre. Les personnes âgées de plus de 65 ans présentent une vulnérabilité accrue. Cela s’explique principalement par les modifications physiologiques liées au vieillissement cutané :

  • Amincissement de la peau et réduction de la graisse sous-cutanée
  • Diminution du flux sanguin capillaire
  • Perte d’élasticité cutanée
  • Cicatrisation plus lente des plaies

Les patients âgés de plus de 70 ans ont généralement un état cutané plus fragilisé, avec une peau moins élastique et plus fine. Ceci explique pourquoi, même si les escarres peuvent toucher des personnes de tout âge, elles affectent majoritairement la population gériatrique.

Dénutrition et déshydratation

La dénutrition joue un rôle majeur dans le développement et la guérison des escarres. Elle constitue, avec l’immobilisation, l’un des deux facteurs réellement prédictifs du risque d’escarre.

Un apport nutritionnel insuffisant entraîne une diminution de la résistance cutanée et ralentit considérablement la cicatrisation. Les personnes dénutries peuvent ne pas avoir suffisamment de graisse corporelle pour protéger leurs tissus contre la pression. Les carences en protéines, en vitamine C ou en zinc fragilisent particulièrement la peau.

Des critères biologiques permettent d’évaluer ce risque nutritionnel, notamment l’albumine sérique dont le taux inférieur à 35 g/L indique une dénutrition moyenne, et inférieur à 30 g/L une dénutrition sévère.

Parallèlement, la déshydratation altère significativement l’état de la peau et favorise l’apparition d’escarres [2]. C’est pourquoi une surveillance étroite de l’alimentation et de l’hydratation constitue un élément essentiel dans la prévention des escarres.

Incontinence et humidité

L’incontinence urinaire représente également un facteur de risque dans le développement des escarres. L’exposition prolongée de la peau à l’humidité, qu’elle soit due à l’urine, aux selles ou à la transpiration, fragilise considérablement l’épiderme.

Au contact de l’air et des bactéries, l’urine produit de l’ammoniaque, élément chimique au pH fortement basique qui réduit l’acidité du film hydrolipidique protecteur de la peau.

De même, l’incontinence fécale provoque des effets délétères similaires. Les enzymes digestives contenues dans les selles altèrent la structure de la défense cutanée. Les patients souffrant à la fois d’immobilité et d’incontinence présentent donc un double risque.

Ces facteurs de risque ne sont généralement pas isolés mais s’associent souvent chez un même patient, amplifiant ainsi la probabilité de développer des escarres. Une évaluation systématique de ces éléments permet d’identifier précocement les personnes vulnérables et d’instaurer rapidement des mesures préventives adaptées.

Le rôle de l’ADIAM dans la prévention et le soin des escarres

La prévention des escarres constitue l’un des piliers de l’accompagnement proposé par l’ADIAM. Grâce à son organisation en SPASAD  Paris (Service Polyvalent d’Aide et de Soins à Domicile), l’association peut mobiliser à la fois ses auxiliaires de vie à domicile et ses infirmiers du SSIAD pour offrir une prise en charge globale. Les premiers interviennent au quotidien pour l’aide et la surveillance, tandis que les seconds assurent les soins techniques et la coordination médicale.

Consultez par exemple notre page d’aide à domicile à Paris 10

Surveillance quotidienne de la peau

Les auxiliaires de vie de l’ADIAM, présents au domicile plusieurs heures par jour, observent attentivement l’état cutané des bénéficiaires. Leur vigilance permet de détecter précocement des signes comme une rougeur persistante ou une zone plus chaude au toucher et de transmettre l’information aux équipes d’aide soignantes à domicile. Les infirmiers du SSIAD interviennent ensuite pour confirmer le diagnostic et, si nécessaire, adapter le protocole de soins.

Repositionnement régulier du patient

La mobilisation est essentielle pour éviter les pressions prolongées. Les auxiliaires de vie aident aux changements de position réguliers, généralement toutes les deux à trois heures pour les personnes alitées. Ils veillent à manipuler le patient avec précaution pour éviter les frottements. Les infirmiers du SSIAD peuvent quant à eux définir un planning adapté et former les proches ou les aides à domicile aux bons gestes.

Choix et installation de supports adaptés

L’ADIAM fournit et conseille sur l’usage de matelas et coussins anti-escarres adaptés au niveau de risque de chaque personne. Les auxiliaires de vie assurent l’entretien et le positionnement correct de ces dispositifs, tandis que les infirmiers évaluent leur efficacité et coordonnent, si besoin, un ajustement du matériel.

Soins infirmiers pour traiter une escarre

Lorsqu’une escarre est déjà formée, la prise en charge devient médicale et relève principalement des infirmiers du SSIAD. Ces professionnels réalisent les soins techniques (pansements, détersion, suivi des infections) et ajustent les protocoles en lien avec le médecin traitant. Les auxiliaires de vie poursuivent en parallèle leur rôle de soutien quotidien et de prévention des nouvelles lésions.

Nettoyage et détersion

Les infirmiers utilisent le sérum physiologique comme référence pour nettoyer la plaie et pratiquent la détersion pour retirer les tissus nécrosés, une étape cruciale pour favoriser la cicatrisation. Cette procédure est ajustée en fonction du stade de l’escarre et de l’état général du patient.

Choix des pansements selon le stade

  • Stade I : Films transparents ou hydrocolloïdes minces.
  • Stade II : Hydrocolloïdes ou hydrocellulaires pour maintenir un milieu humide favorable.
  • Stades III et IV : Alginates pour plaies très exsudatives, hydrogels pour plaies sèches ou pansements au charbon pour plaies malodorantes.

Les auxiliaires de vie ne manipulent pas les pansements mais surveillent l’état visuel de la plaie et alertent en cas de problème.

Gestion de la douleur et surveillance des infections

Les infirmiers évaluent régulièrement la douleur et adaptent les traitements antalgiques prescrits. Ils surveillent également les signes d’infection (rougeur, chaleur locale, odeur, écoulement) et réalisent des prélèvements si nécessaire. Les auxiliaires de vie, souvent en première ligne au domicile, peuvent signaler toute modification suspecte.

Conclusion sur le soin des escarres et l’apport de service d’aide et de soins à domicile

En définitive, la prise en charge des escarres constitue un défi quotidien pour les professionnels de santé et d’accompagnement. La prévention reste la clé pour éviter l’apparition de ces plaies graves, particulièrement chez les personnes âgées ou immobilisées. L’évaluation précoce des facteurs de risque – grâce à des outils comme l’échelle de Norton – permet de mettre en place des mesures personnalisées avant toute dégradation.

L’ADIAM, grâce à son organisation en SPASAD, combine les compétences des auxiliaires de vie et des infirmiers du SSIAD pour répondre à l’ensemble des besoins : surveillance cutanée, mobilisation régulière, installation de dispositifs anti-escarres et soins techniques adaptés à chaque stade. Cette coordination assure non seulement une continuité des soins, mais également un soutien précieux aux familles.

Enfin, au-delà des protocoles médicaux, la pédagogie et l’accompagnement humain tiennent une place centrale : expliquer les gestes préventifs, rassurer les proches et assurer le maintien à domicile personnes âgées dans la dignité du patient font partie intégrante de l’action de l’ADIAM. Cette approche globale permet d’améliorer concrètement la qualité de vie des personnes fragilisées et de réduire le risque de récidive.