L’incontinence urinaire se caractérise par une fuite involontaire d’urine. Pour beaucoup de personnes, aller aux toilettes est quelque chose qu’ils peuvent facilement retarder. Mais pour plus de 3 millions de Français qui souffrent d’incontinence urinaire, il n’est pas possible de se contrôler et d’attendre.

Bien que l’incontinence puisse survenir à tout âge, elle est plus fréquente chez les personnes âgées, surtout les femmes. 2/3 des personnes incontinentes ont plus de 60 ans.

Les personnes incontinentes se donnent beaucoup de mal pour nier et cacher l’incontinence urinaire. Par honte ou par peur de voir leurs vies changées, nombreuses sont les personnes qui refusent d’en parler. Ces troubles sont gênantes et impactent la qualité de vie familiale et sociale du malade : baisse de l’estime de soi, angoisse, isolement, repli sur soi, refus de sortir du domicile, risque de chute et de fractures pour se précipiter aux toilettes …

Il est donc important d’identifier au plus tôt l’incontinence pour aider votre proche à bien le vivre au quotidien.

symptôme incontinence urinaire

Schéma : Fonctionnement de la vessie et incontinence urinaire

Qu’arrive-t-il au système urinaire avec le vieillissement ?

Le système urinaire comprend

  • les reins
  • les uretères
  • la vessie
  • l’urètre
  • les muscles du plancher pelvien.

Les sphincters urétraux ouvrent ou ferment le col de la vessie., et des nerfs sont reliés aux muscles et aux sphincters de la vessie, ce qui permet de contrôler l’émission et le débit urinaire. Le cerveau et les jambes font également partie du système urinaire : une personne doit être capable de décider quand il est temps d’aller aux toilettes, et avoir la capacité de s’y rendre au moment opportun.

Avec l’âge, certaines des fibres musculaires de la vessie sont remplacées par des tissus plus rigides et les réponses neurologiques sur lesquelles nous nous appuyons pour maintenir une fonction urinaire normale diminuent légèrement.

En termes pratiques, cela signifie que :

  • La sensation que la vessie doit être vidée se produit lorsque la vessie est plus pleine que chez une personne plus jeune.
  • Le muscle de la vessie se contracte avec moins de force
  • Le sphincter urétral (valve à la sortie de la vessie) est plus lâche chez les femmes âgées.
  • La prostate, plus grosse, peut obstruer l’urètre chez l’homme.
  • L’envie d’uriner est plus fréquente.

80 % des personnes de plus de 80 ans se lèvent au moins une fois la nuit pour uriner.

En plus des changements normaux liés au vieillissement, certaines conditions associées à l’âge peuvent également aggraver l’incontinence, comme les limitations de la mobilité, les troubles cognitifs, le diabète, l’obésité, l’insuffisance cardiaque, certains traitements médicamenteux peuvent également affecter le débit urinaire.

Les changements d’humeur chez les incontinents

Si vous avez repéré des changements d’humeur chez votre proche, cela peut être dû à l’incontinence urinaire. En effet, ce trouble peut modifier son comportement et favoriser le repli sur soi, la dépression, l’agressivité, le refus de s’alimenter ou la souffrance psychique et physique.

La communication entre l’aidant et la personne âgée est primordiale. Une oreille attentive est cruciale pour déceler les troubles et les difficultés. Souvent, il est plus facile de se confier à une personne extérieure qu’à un proche, sur ce sujet encore tabou.

La consultation d’un médecin sera nécessaire. En effet, l’incontinence peut souvent être guérie ou contrôlée. Il est par conséquent important de consulter un médecin pour identifier l’incontinence, de la traiter et de limiter les désagréments sur le long terme.

Les différents types d’incontinences urinaires

Il faut identifier le type d’incontinence pour adapter le traitement. Il existe 4 types d’incontinences urinaires :

– Incontinence urinaire d’effort

L’incontinence à l’effort, c’est une perte d’urine non précédée du besoin d’uriner, survenant en général à l’occasion d’un effort physique. On peut également avoir des fuites quand on rit, tousse, éternue, monte des escaliers, porte de charge lourde … car la pression abdominale augmente. C’est la forme d’incontinence la plus fréquente.

– Incontinence par impériosité dite « urgenturie » :

On parle d’incontinence par impériosité lorsque les envies d’uriner sont urgentes, incontrôlables et ne laissent pas le temps d’aller aux toilettes.

C’est dû à une hyperactivité de la vessie qui se contracte anormalement. L’envie pressante d’uriner peut survenir à tout moment, en dehors de tout effort, la nuit ou lors de certaines situations : contact avec l’eau, ouverture de la porte avec les clés…

– Incontinence urinaire mixte

Elle touche les personnes qui souffrent à la fois d’incontinence à l’effort et d’incontinence par urgenturie.

– Incontinence par regorgement

Elle touche généralement les hommes de plus de 50 ans et en cas de troubles neurologiques, les femmes et les plus jeunes peuvent être également concernés.

Elle est due à une perturbation de la fonction d’évacuation de la vessie. Il y a alors un trop-plein et la vessie fuit en permanence.

Causes communes de l’incontinence urinaire chez les personnes âgées :

Voici les causes les plus courantes des incontinences urinaires chez la personne âgée.

  • Infection : Une infection des voies urinaires chez une personne âgée peut provoquer des brûlures, des douleurs, de la confusion, mais aussi une fréquence et une urgence urinaires, et souvent une incontinence.
  • L’urétrite et la vulvo vaginite atrophique chez les femmes, le rétrécissement des tissus urinaires et génitaux entraîne l’incontinence urinaire.
  • Les troubles psychologiques, en particulier la dépression et les maladies cognitives peuvent aggraver l’incontinence, surtout aux stades avancés, lorsque les fonctions générales sont plus gravement altérées.
  • Mobilité réduite : le fait de ne pas pouvoir se rendre aux toilettes à temps en raison d’une mobilité réduite chez la personne âgée entraîne une augmentation du nombre d’accidents urinaires.
  • Les médicaments ou certaines consommations comme l’alcool ou un excès de caféine peuvent aggraver l’incontinence urinaire

Diagnostiquer la ou les causes de l’incontinence

Le traitement de l’incontinence varie en fonction des causes et des symptômes, que votre médecin traitant ou votre urologue évaluera en vous posant des questions, en effectuant un examen physique et en demandant probablement quelques examens supplémentaires.

Votre médecin examinera vos antécédents médicaux personnels, en particulier tout antécédent d’opération de la prostate pour les hommes, et pour les femmes, l’historique des grossesses et le nombre et le type de naissances. Des questions liées au mode de vie, comme le tabagisme, la consommation d’alcool et de caféine, l’exercice physique (en particulier les activités à fort impact comme la course et le saut) et le poids corporel, sont susceptibles d’être soulevées.

Un examen attentif des schémas d’incontinence permettra de déterminer la cause de la perte d’urine.

Votre médecin pourra vous poser les questions suivantes :

  • Quelles activités provoquent des fuites d’urine ?
  • Les fuites sont-elles constantes ou intermittentes ?
  • Combien de fois allez-vous aux toilettes en une journée ?
  • Combien de tasses de café, de boisson gazeuse ou de bouteilles d’eau buvez-vous par jour et à quelles heures ?
  • Quels médicaments prenez-vous ?

Pour aider votre médecin à identifier la ou les causes de l’incontinence, il est bon de passer quelques jours à tenir un « journal de la vessie ». Il s’agit de noter votre consommation de liquides et le nombre de vos passages aux toilettes, ainsi que le volume d’urine évacué si possible. Il peut également être utilisé ultérieurement pour contrôler l’effet de votre plan de traitement.

L’examen physique

  • Pour les femmes, il comprendra idéalement un examen pelvien, afin d’examiner les muscles du plancher pelvien et de vérifier l’absence de tout type de prolapsus organique (un état dans lequel la vessie ou l’utérus sortent du vagin).
  • Pour les hommes, un examen rectal permet à votre médecin de vérifier la taille et la texture de la prostate.

Ces examens sont en général pratiqués par un gynécologue-obstétricien pour les femmes ou un urologue pour les messieurs.

Tests d’incontinence urinaire

Le premier test est généralement une analyse d’urine. Il permet de détecter les signes d’une infection potentielle, ainsi que les anomalies sanguines, glycémiques et autres qui peuvent être liées à l’incontinence.

Ensuite, on détermine le volume résiduel post-mictionnel. Il s’agit du volume d’urine restant dans la vessie après que la personne ait uriné. Ce test peut être effectué à l’aide d’un scanner portable de la vessie, d’une échographie après la miction, ou en insérant un cathéter dans la vessie après la miction et en mesurant le volume d’urine restant. Un volume résiduel supérieur à 200 ml environ peut indiquer une rétention urinaire et nécessiter des examens plus approfondis ou l’intervention d’un spécialiste.

Les traitements de l’incontinence chez les personnes âgées

Selon le type d’incontinence et la cause, différents traitements peuvent être mis en place : rééducation, thérapie comportementale, traitements médicamenteux ou chirurgicaux ou utilisation de protections urinaires.

À noter que, l’Assurance Maladie ne prend pas à charge les protections urinaires sauf si elles sont liées au traitement de maladies chroniques. Elles peuvent être prises en charge en totalité ou en partie, dans le cadre de l’APA (Allocation Personnalisée pour l’Autonomie), la PCH (Prestation de Compensation du Handicap) ou par certaines mutuelles.

incontinence urinaire homme femme

Source :  www.ameli.fr

Exercices du plancher pelvien

Ces exercices, également appelés « exercices de Kegel », sont des exercices qui renforcent à la fois les muscles du plancher pelvien, pour mieux soutenir la vessie, et la valve à l’ouverture de la vessie. Un thérapeute ou une infirmière à domicile peut vous guider dans ces exercices, que vous pouvez ensuite pratiquer, presque partout et à tout moment. Les résultats peuvent prendre des semaines, voire plus, avant de se manifester, mais ils sont efficaces. Les femmes qui font des exercices du plancher pelvien ont deux fois plus de chances d’obtenir une amélioration de leur incontinence que les femmes qui n’en font pas.

Entraînement de la capacité vésicale

Il s’agit d’une routine qui consiste à essayer d’augmenter l’intervalle entre les passages aux toilettes et qui peut être utilisée pour traiter l’incontinence par impériosité et l’incontinence d’effort. Elle a plus de chances de fonctionner chez les personnes qui tiennent un journal de leur vessie et sont encouragées par un professionnel de santé à intervalles réguliers. Elle peut être plus efficace lorsqu’elle est associée à des médicaments et à d’autres stratégies.

Traitement médicamenteux

Les médicaments n’éliminent pas toujours l’incontinence, mais pour les personnes souffrant d’une vessie hyperactive ou d’une incontinence par impériosité, les médicaments peuvent aider à repousser la visite aux toilettes plus longtemps ou complètement.

Traitement chirurgical de l’incontinence urinaire

La chirurgie est l’une des grandes craintes des personnes âgées, mais la majorité des cas d’incontinence peuvent être traités avec beaucoup de succès sans avoir recours à la chirurgie. Néanmoins, pour certaines personnes âgées, la chirurgie est la meilleure solution.

10 conseils pour gérer l’incontinence au quotidien

Il est important de dédramatiser la situation en expliquant à l’incontinent que ce trouble est fréquent et guérissable.

Voici 10 conseils pratiques pour gérer les fuites urinaires au quotidien :

  • Continuer à bien s’hydrater en buvant 1,5 à 2 litres par jour de préférence en journée
  • Éviter de boire beaucoup avant d’aller se coucher
  • Éviter les boissons comme le café, le thé, les boissons gazeuses et l’alcool
  • Avoir une alimentation équilibrée
  • Avoir une activité physique douce régulière comme la marche
  • Faciliter l’accès aux toilettes en dégageant et éclairant les couloirs
  • Installer une poubelle dans les toilettes pour jeter les protections usagées
  • Faire des pauses régulières pour aller aux toilettes
  • Opter pour des sous-vêtements et vêtements faciles à mettre et à enlever
  • Utiliser des protections urinaires pour les sorties

Une aide à domicile à paris pour les incontinents

L’apparition de l’incontinence urinaire est souvent difficile à vivre surtout si elle nécessite une entrée en institution.

Pourtant, le maintien à domicile avec un environnement stable et des repères est le plus conseillé aux personnes âgées. Pour préserver le confort moral et physique d’une personne âgée incontinente, le recours à une aide à domicile est nécessaire. Elle permet à la personne âgée de continuer à vivre chez elle en toute autonomie.

L’adiam propose des services d’aides à domicile pour accompagner les personnes âgées incontinentes dans la vie quotidienne. N’hésitez pas à nous contacter pour en discuter.

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