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Emission radio adiam – Jacques Lambrozo présente sa vision sur les services d’aide et de soins à domicile
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Emission radio adiam association aide à domicile à Paris

par Jacques Lambrozo, Président de l'adiam | Emission Radio du 4 septembre 2018

Transcription de l’émission radio :  le Docteur jacques Lambrozo, Président de l’adiam, présente les services d’aide et de soins à domicile proposé

Radio : Jacques Lambrozo bonjour, heureux de vous retrouver sur les ondes de Radio J pour une émission que nous allons retrouver une fois par mois qui est consacrée à la gériatrie. On verra de quelle manière vous êtes je rappelle à nos auditeurs médecin interniste et gériatre et évidemment Président de l’adiam cette institution pour le maintien à domicile des personnes âgées.

C’est un travail considérable et on va peut-être commencer par une réflexion sur une maxime que vous êtes mis en avant.

Jacques Lambrozo : Oui dans un livre intitulé « la chaise vide » un petit opuscule qui fait partie des œuvres qui a été un petit peu négligé il est une prise de position qui est intéressante parce qu’elle est précise et parce qu’elle est quasiment violente puisqu’il est interdit de vieillir et c’est à partir de là que vient finalement que va se dérouler toutes les émissions qu’on va vous proposer au cours des séances successives.

Radio : Une fois par mois le mardi de chaque mois précisément pourquoi consacrer une émission à l’âge, aux personnes âgées et au vieillissement.

Jacques Lambrozo : En général ce n’est pas un sujet qui était un sujet de distraction parce que la radio a sa mission de distraire d’amuser de faire penser à autre chose. Mais je crois que l’autre partie de la radio c’est aussi de traiter des sujets qui nous concernent tous directement ou indirectement ou des sujets qui vont nous concerner et la vieillesse le vieillissement l’âge sont des sujets auxquels j’espère n’échapperont pas.

Radio : Poursuivons sur cette réflexion sur le vieillissement avec une observation que les médias nous rapportent que les spécialistes étudient qui est l’allongement de l’espérance de vie ; ça a changé radicalement la physionomie de nos sociétés.

Jacques Lambrozo : Ah oui c’est quelque chose d’extraordinaire de voir l’espérance de vie augmenter environ, il y a eu un petit fléchissement il y a deux ans, mais en moyenne dans les pays occidentaux d’augmenter environ 3 mois tous les ans. Ce qui aboutit actuellement pour les hommes à une espérance de vie en France de 79,5 ans et pour les femmes de 815,4 ans en 2017. Il faut se souvenir qu’à la fin du 19e siècle l’espérance de vie ne dépassait pas 50 ans. Et tout ça on le doit aux progrès de l’hygiène au progrès de la médecine.

Et c’est quelque chose inestimable à mes yeux.

Radio : Alors précisément l’hygiène la médecine, c’est vrai qu’il y a eu des progrès considérables dans les maladies cardiovasculaires dans le traitement des cancers, mais prévenir ces guérir aussi, vous qui êtes médecin peut être on peut anticiper sur la non-survenue d’un certain nombre de pathologies.

Jacques Lambrozo : D’abord se souvenir que cette espérance de vie qui est considérable et toujours en croissance puisqu’on estime que dans 30 à 40 ans l’espérance de vie atteindra 93 ans pour les femmes et 90 ans pour les hommes. Ce qui est aussi une avancée considérable. Cette espérance de vie qui va voir se réduire l’écart entre les hommes et les femmes qui étaient auparavant très important et ce différentiel diminue probablement d’une part grâce aux progrès de la médecine puisque tous ces sujets et toutes ces personnes qui auront atteint 90 ans auront échappé à la mortinatalité deuxièmement aux maladies infectieuses qui sont en passe d’être sinon contrôlées du moins traitable pour la plupart. Ils vont échapper aux maladies cardiovasculaires l’infarctus et toutes les autres pathologies du même genre ils auront échappé au cancer ou la plupart des cancers ils vont se retrouver je dirai en relative bonne santé et concerné uniquement par l’avancée en âge.

Radio :  Alors la modification des conditions de vie dans nos sociétés et notamment le travail, ça joue également sur cette espérance de vie ?

Jacques Lambrozo : D’une part il faut, j’en ai parlé tout à l’heure, les progrès de l’hygiène ont été décisives. D’une part parce qu’elles ont permis de réduire la mortalité à la naissance et d’autre part d’éviter la propagation des maladies infectieuses. Mais il y a aussi d’autres éléments que nous avons maintenant commencé à intégrer dans nos comportements et qui vont induire une avancée en termes d’espérance de vie c’est la réduction de la consommation d’abord de tabac, d’alcool, peut être aussi de sel et de matières grasses au niveau de l’alimentation. Pour reprendre votre question que vous me posiez effectivement la pénibilité des activités professionnelles a considérablement diminué grâce à la mécanisation et effectivement quand on voit travailler un bûcheron aujourd’hui en 2018 on n’imagine pas ou on imagine mal la difficulté la dureté du travail de bûcheron qui a exercé son père ou son grand-père ou rien n’a été mécanisé et qu’il fallait effectivement un effort physique quotidien et qui finissait par user les hommes.

Radio : Alors la médecine certes la chirurgie a fait également des progrès considérables précisément un certain nombre d’organes que l’on ne pouvait pas traiter il y a quelques décennies aujourd’hui on peut presque faire de la mécanique.

Jacques Lambrozo : On peut parler de mécanique. Vous avez raison. Il est vrai que le vieillissement en soi aujourd’hui on ne le comprend pas trop bien, on ne sait pas quand il commence, on ne sait pas comment s’y prendre pour ne pas dire le contrarier ou le contraindre. En revanche les progrès de la médecine ça a été aussi de mieux voir avec le traitement en 15 minutes maintenant 20 minutes de la cataracte qui permet je dirai sans même porter de lunettes de retrouver une vision qu’on avait 30 ans ou 40 ans qu’on avait même oubliés quarante ans auparavant ; il y a aussi quand vous parlez de mécanique l’extraordinaire progrès des prothèses. J’ai connu le début des prothèses de hanche. On voit se développer les prothèses de genoux, les prothèses d’épaule qui donnent des résultats surprenants dans de bonnes mains chirurgicales. On voit même arriver des prothèses de chevilles. Ce sont des éléments qui vont considérablement améliorer le confort de vie et l’autonomie des personnes âgées qui est l’essentiel à mes yeux.

Radio : Jacques Lambrozo vous êtes médecin interniste, gériatre : pouvez-vous nous présenter vos activités dans ce domaine.

Jacques Lambrozo : Comme ça vous n’aurez pas de surprise et j’exerce l’activité médicale en médecine interne et en gériatrie. Le point que je voulais souligner c’est que l’activité qui a trait aux personnes âgées ne saurait se limiter à la médecine. La gériatrie c’est un travail d’équipe qui implique d’une part les personnes âgées bien entendu elles-mêmes, mais aussi les familles qui sont des aidants en première ligne. Cela implique aussi les assistantes sociales les infirmières qui font des soins à domicile. Les ergonomes les ergothérapeutes les psychologues et les aides ménagères les auxiliaires de vie. Donc toutes ces équipes-là qui vont contribuer à améliorer le quotidien des personnes âgées.

Radio : Alors précisément la perspective pour vous c’est de permettre aux personnes âgées, si je reprends l’intitulé de l’association que vous présidez c’est le maintien à domicile des personnes âgées et le respect de la dignité de ces personnes.

Jacques Lambrozo : Oui, l’adiam c’est l’association d’aide aux israélites âgées ou malades effectivement qui prend en charge des personnes âgées et/ou des personnes handicapées avec deux lignes directrices fondamentales. La première c’est la sécurité du maintien à domicile. D’autre part c’est la dignité de la personne âgée quand elle est maintenue à domicile. Nos lignes de force.

Radio : Que dit notre tradition face à l’avancée en âge et la personne âgée.

Jacques Lambrozo : Parler du regard juif sur le vieillissement et les personnes âgées cela nécessiterait une émission à part entière. Elle arrivera peut-être un jour et j’espère bien, mais je crois qu’on peut très schématiquement séparer deux visions : une vision on va dire un peu pessimiste nostalgique. Il y a quand même une vision à mes yeux plus sympathiques plus optimistes et surtout aussi plus constructive. On prendra une seule citation il y en a d’autres beaucoup d’autres dans le chapitre 19 versets 32 et qui dit très brièvement pour l’essentiel tu te lèveras devant le vieillard et tu honoreras l’ancien. Voilà tout le programme je vous dirai qui pourrait résumer une politique gérontologique alors effectivement se lever devant le vieillard ce n’est pas seulement lui laisser la place dans le métro c’est beaucoup plus que cela. C’est lui montrer et j’insiste sur le mot lui montrer de la déférence c’est-à-dire de ne pas le reconnaître comme une personne à part entière et qui dans le travail de sa vie a justement permis que ce métro fonctionne et des sièges. Il a contribué à ce que nous vivons actuellement et ce dont profitons actuellement d’une part et d’autre part sa parole mérite d’être écoutée, car il a quelque chose à dire de signifiant il ne l’est pas à je dirai répéter les mêmes choses c’est un peu une personne âgée dans cette vision-là c’est un acteur qui reste signifiant jusqu’au bout et ce n’est pas un figurant qui se trouve dans le paysage des personnes plus jeunes.

Radio : Pouvez-vous nous dessiner un petit peu le paysage actuel de la population âgée en France.

Jacques Lambrozo : Effectivement puisqu’on parle d’augmentation de la longévité effectivement une explosion de la population qui dépasse 60 ans et au-delà. La population on va parler des personnes de plus 80 ans ou là on est vraiment dans la gériatrie et dans le vieillissement. En 2015 on comptait environ 5 à 6 millions de personnes âgées de plus de 80 ans alors qu’en 2005 on était à 3 millions. Dans le même temps, la population totale a augmenté en France, mais pas du tout dans les mêmes proportions. D’autre part il faut toujours souligner quand on parle de vieillissement de personnes âgées que les femmes tiennent le haut du pavé et qu’elles sont prédominantes au plan démographique. Les seuls pays européens qui sont plus gris ou plus blanc que nous ce sont l’Italie avec une population plus importante de personnes âgées, la Grèce et l’Espagne, ce sont des pays où tout simplement il fait bon vivre.

Radio : La perspective pour la population, la pyramide d’âge dans une trentaine d’années.

Jacques Lambrozo : Si on considère que toutes choses égales par ailleurs il n’y aura pas de grandes épidémies qui vont décimer une partie de la population. On peut considérer les estimations de L’INSEE que la France comptera plus de 20 millions de personnes âgées de personnes de plus de 65 ans en 2050 soit près de 9 millions de plus qu’en 2013 et la population des personnes de plus de 75 ans va également augmenter et atteindra 16 à 17% de la population contre 12% actuellement. L’avenir c’est peut-être le vieillissement.

Radio : Justement est-ce que nous serons tous centenaires ou presque ?

Jacques Lambrozo : Je crois ou je crains que oui dans la mesure où en France actuellement en 2018 on dénombre à peu près de 21.000 centenaires soit 12 fois plus qu’il y a 40 ans. Je prends un exemple très quotidien auparavant dans les mairies quand on identifie un centenaire ou une centenaire on lui remettait une médaille. Maintenant cette pratique n’a plus lieu d’être dans la mesure où ils sont bien trop nombreux. D’autre part ce qui est plus encourageant encore que l’avancée en âge c’est que 50% de ces 21000 centenaires vivent chez eux et d’autre part que 30% d’entre eux vivent seuls. Certes le plus souvent avec une assistante, mais avec une assistance à la maison, mais pas toujours d’ailleurs. D’autre part et ça, c’est la cerise sur le gâteau il y a même des super centenaires c’est-à-dire des personnes âgées, essentiellement des femmes, qui ont plus de 110 ans et ce qui explique peut-être le mot d’Aragon qui disait que la femme est l’avenir de l’homme. C’est peut-être bien le cas.

Radio : Alors je pense madame Calment qui était un super score dans ce domaine.

Jacques Lambrozo : Oui c’est-à-dire qu’on ne peut pas actuellement déterminer de limites à l’espérance de vie. C’est très particulier, effectivement il y a des maladies qui vont abréger la vie. Mais l’espérance de vie a priori serait sinon infinie du moins très longue. Je rappelle que si Mme Calment a pu vivre jusqu’à 120 ans et six mois c’est bien que cela est possible et que cela va forcément arriver dans d’autres populations en France ou à l’étranger. Et si on se reporte maintenant aux enfants qui sont nés en 2017 et en 2018, on considère que beaucoup d’entre eux seront centenaires en 2117.

Radio : Alors en quelques mots, comment peut-on définir un programme de lutte contre le vieillissement ?

Jacques Lambrozo :  Alors je le répète, il faut beaucoup d’humilité dans cette réflexion dans la mesure où je le répète nous ne savons pas ce que le vieillissement ne sont pas du tout quand il débute et donc forcément on n’a pas forcément de moyens techniques de savoir qui permettent de le contenir de le contraindre ou de le faire régresser encore moins. Sauf peut-être de vendre son âme au diable, mais c’est une autre affaire. Donc en matière de vieillissement et de prévention du vieillissement qui nécessiteraient aussi d’ailleurs une émission à part entière parce que c’est un sujet très vaste, je vais simplement rappeler banalement, prosaïquement la règle des 5 « A » qui permet d’ailleurs de finalement de définir un programme actif et utile et simple.

  1. Premier A :  comme Activité c’est-à-dire qu’il faut se donner constamment des buts à remplir et considérer que la mise à la retraite n’est pas une fin en soi. Pas du tout. Mais le début d’autres passions à savoir développer et à vivre.
  2. A aussi comme Alimentation j’insiste l’équilibre alimentaire qui doit viser constamment à favoriser la prise de protéines est primordiale et je dirai en paraphrasant : Ici il est interdit d’interdire.
  3.  A aussi comme Affection parce que l’essentiel je dirai pour l’homme ou la femme qui est un animal social c’est être entouré de l’amitié de la tendresse des siens des amis et même quand c’est possible de pouvoir poursuivre une sexualité. Tous ces facteurs vont permettre de donner un sens au quotidien et une couleur à la grisaille des jours.
  4. A encore comme Altruisme, car il importe de ne pas se replier de ne pas se recroqueviller et ne pas vivre en autarcie physique et mentale, mais au contraire de à donner aux autres ce succès qui va enrichir notre vie.
  5. Et enfin, et c’est le médecin qui parle A, comme Autosurveillance c’est à dire qu’il est important tout en étant altruiste et penser à donner aux autres de se préoccuper de son bien-être de sa santé de savoir poser les questions quand quelque chose ne semble pas fonctionner et de savoir les traiter pour ne pas être un jour submergé par l’irruption de la maladie.

 

Radio :  Alors pour le médecin que vous êtes quels sont les enjeux auxquels est confrontée la vieillesse ou l’avancée en âge ?

Jacques Lambrozo : Alors chacun d’entre nous dans sa vie a connu des personnes âgées et donc va proposer tel ou tel enjeu comprenant des composantes soit médicale soit affective. Mais en fait tout bien pesé l’enjeu spécifique n’est pas le vieillissement en soi je l’ai dit on ne sait pas on ne le comprend pas. Il est d’ailleurs très difficile à définir objectivement. On peut d’ailleurs parfois ou souvent s’en accommoder. L’enjeu essentiel sur lequel il faudra revenir c’est la perte d’autonomie et l’indépendance qui fait perdre toute dignité à la personne âgée. Je prends un exemple simple quand on parle de perte d’autonomie ou de dépendance, nous avons tous fait ou ou autour de nous on a vu des amis, des parents faire l’expérience à la suite d’une mobilisation dans un plâtre à cause d’une fracture d’avoir besoin d’une aide pour se déplacer d’une aide pour manger une aide pour se laver. Et voilà ce qui permet de comprendre ce que signifie la perte d’autonomie physique et qui souvent malheureusement définitive. J’ajouterai un point qui est la grisaille des jours effectivement la vie parfois prend des teintes grises sombres déprimantes parce qu’apparaît d’une part le désenchantement la perte de perspective, l’idée de la fin inéluctable et du temps aussi qui à la fois passe trop lentement. Des journées qui n’en finissent plus, mais qui passent aussi trop vite et donnent l’impression que l’on n’arrive plus à le maîtriser. Mais surtout ceux qui peuplent la vie des personnes âgées, c’est l’absence. Ce sont les absences, les personnes qu’on a connues et qui ont au fur et à mesure de la vie disparue et la personne âgée, il faut toujours s’en souvenir vit dans un monde qui va lui devenir peu à peu étranger. Où plus personne de sa génération qui a connu, partager les mêmes joies les mêmes peines les mêmes difficultés ne se retrouvera à pouvoir lui parler. Et c’est cette dimension-là dans l’échange avec les personnes âgées qu’il faut constamment garder en tête et essayer de lui permettre de revivre au moins les bons moments de sa vie.

Radio : Les précautions et les objectifs maintenant rapidement.

Jacques Lambrozo : Alors on reprend un peu la règle des cinq A et en les détaillants. Premièrement c’est maintenir une activité physique et intellectuelle. Marcher, essayer de marcher vite et essayer de s’intéresser au plan intellectuel et essayer de mémoriser. Même si ça devient bien plus difficile que quand on est un enfant. Deuxième point qui est fondamental et que maintenant on en a parlé, plus accessible, c’est la compensation des déficits sensoriels. Il faut traiter des troubles de la vision la cataracte ou les anomalies il faut compenser les surdités qui s’installent par un appareillage auditif qui fonctionne bien et qui est généralement accessible et qui permet de réduire l’isolement la solitude et aussi traiter les dents parce que c’est l’élément primordial pour avoir une alimentation convenable. Troisième point, ça nous ramène à l’alimentation à la surveillance du poids. L’alimentation correcte convenable doit être une des préoccupations quotidiennes permanentes de la personne âgée et des aidants autour d’elle. Quatrième point c’est le médecin qui parle cette fois-ci ce sont les vaccinations et oui mêmes si on à cet âge il faut prévoir l’avenir. La vaccination contre la grippe tout le monde en a entendu parler et je pense que c’est une bonne politique de la généraliser, mais aussi deux vaccins contre la pneumonie qui méritent d’être injectés. Et aussi maintenant un vaccin contre le zona qui nous permet effectivement d’éviter les douleurs qui gâchent la vie ou la fin de vie des personnes âgées. Enfin et je le souligne aussi parce que c’est capital afin de lutter contre l’isolement contre la solitude qui est le mal de la vieillesse c’est d’assurer un développement des activités sociales familiales amicales associatives parce que c’est la clé de la survie mentale et psychologique des personnes âgées.

Radio : Et enfin bien sûr l’aménagement du domicile.

Jacques Lambrozo : Alors oui maintenant on a des solutions domotiques très simples pas très coûteuses qui permettent d’améliorer la vie à domicile en particulier de lutter contre les chutes. Je prendrai un seul exemple c’est le chemin lumineux qui s’allument lorsqu’on se lève dans la nuit et qui permet d’éviter les chutes et donc d’éviter par là le cortège des fractures du col du fémur et tout ce qui va s’ensuivre. D’autre part il est une des avancées technologiques qui sont d’ailleurs en cours d’expérimentation dans une EHPAD à Bordeaux qui utilise un robot qui à la fois permet d’effectuer ou d’aider à des tâches difficiles quotidiennes, mais aussi et c’est peut-être prometteur d’assurer une sorte de compagnie à la personne âgée. Voilà tout un programme.

Radio : Alors enfin Docteur pour nous rassurer il y a quand même de grands vieillards qui ont vécu intensément jusqu’à leur disparition ?

Jacques Lambrozo : Alors aux abords de notre tradition il y a Moïse qui a vécu un peu moins longtemps que Madame Calment. Il a quand même vécu 120 ans, mais il y a aussi je dirai dans le domaine spirituel dans le domaine artistique dans le domaine scientifique, le vieillissement je dirai a été a été on va dire contrarier juguler ou contrôler. Je l’ai cité d’abord dans le domaine spirituel l’absence de retraite pour le pape, mais aussi pour les grands Rabbanim, je cite quand même le Rav Cadoury qui est mort à 107 ans. Le Rav Steinman qui est mort récemment à 104 ans était un décisionnaire du monde ashkénaze. Au plan scientifique je dirai que c’est Pasteur à l’âge de la retraite à 63 ans va découvrir le vaccin contre la rage alors qu’il aurait pu s’arrêter de travailler. Victor Hugo écrit encore à 80 ans une comédie qui s’appelle le roi s’amuse et enfin à mes yeux, mais il y en a peut-être d’autres : le record au plan scientifique c’est le prix Nobel qui est attribué en 2007 Prix Nobel de sciences économiques à Leonid Hurwicz qui a 90 ans.

Radio : Pour terminer un dernier mot de Victor Hugo cette fois-ci

Jacques Lambrozo : J’ai cité Victor Hugo qui s’y connaissait en vieillissement je dirai et qui défendait le rôle de la vieillesse et la position de la vieillesse écrite dans Booz endormi, lecture que vous que je vous recommande. Je le cite : « car le jeune homme est beau, mais le vieillard est grand et l’on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens, mais dans l’œil du vieillard on voit de la lumière. »

Radio : Merci Docteur Lambrozo, interdis de vieillir, telle est l’émission qui sera désormais consacrée à la gériatrie en compagnie du Président de l’adiam Docteur Jacques Lambrozo.

Jacques Lambrozo :  Merci beaucoup Guy.