Paris, avril 2021

L’actualité justifie de consacrer cet éditorial à la vaccination contre la COVID 19. Cependant une autre bonne nouvelle pointe à un horizon proche et nous en traiterons aussi.

La vaccination contre la COVID 19 est plus qu’une obligation citoyenne, c’est une nécessité prioritaire de santé publique. Il est clair que la seule solution, pour retrouver des conditions de vie et d’activité acceptables, repose sur la vaccination généralisée à toutes les classes d’âge et dans un temps suffisamment court pour se prémunir de l’apparition de nouveaux variants qui eux seraient « indifférents » aux vaccins actuels.

La démonstration du risque est parfaitement illustrée par le nombre de décès quotidiens en France. Il est de l’ordre de 250 à 300 personnes par jour. En somme l’équivalent du crash d’un avion de ligne tous les jours, et il affecte désormais toutes les classes d’âge.

La démonstration de l’efficacité est, elle, apportée par la diminution drastique du taux d’incidence de la maladie. À titre d’exemple, en Israël où 6 millions d’habitants ont été vaccinés contre la COVID-19 sur une population totale de 9 millions, la diminution de l’incidence c’est-à-dire de nouveaux cas est de 97 %. Inutile de statistiques pour être convaincu et de la nécessité et de l’efficacité de la vaccination.

Nous avons la grande chance de disposer d’un choix de vaccins qui sont « garantis » par l’Agence Européenne du Médicament quant à leur efficacité et à leur sécurité d’usage, tout comme un marquage CE.

Il s’agit de 2 vaccins à ARN messager : le vaccin Pfizer et le vaccin Moderna. Ils n’interfèrent pas avec le génome et ne comportent pas d’adjuvants, adjuvants qui ont souvent été mis en cause dans la mauvaise tolérance de certains vaccins. Le 3° vaccin est le vaccin AstraZeneca . Actuellement il est recommandé de l’utiliser dans la population âgée de plus de 55 ans car, sur 9, 2 millions de doses vaccinales injectées, sont survenues 62 cas de thrombose veineuse cérébrale. C’est dire qu’au plan statistique le risque – si tant est qu’une relation causale au vaccin soit établie, ce qui n’est pas le cas – est infime.

Ceci ne doit pas décourager les sujets qui ont reçu une première injection de vaccin AstraZeneca car la Haute Autorité de Santé conseille de réaliser la 2e injection avec un vaccin de type Pfizer ou Moderna dans les 4 semaines suivantes. Il n’y a donc plus de motifs raisonnables de réticence vis-à-vis de la vaccination.

Je résume : les vaccins actuels sont bien tolérés, ils sont efficaces contre la plupart des variants actuels en phase épidémique en France et ils s’imposent formellement, avec les gestes barrières bien sûr, lorsque l’on prend en charge des personnes âgées.

Lire également notre article sur : Comment s’occuper d’un proche âgé pendant l’épidémie de COVID-19

Je quitte le sujet de la vaccination pour poursuivre et terminer sur une bonne nouvelle que nous attendions d’ailleurs depuis la publication du rapport Libault en 2019 avec ses 175 propositions.

En effet Madame Brigitte Bourguignon, ministre déléguée chargée de l’Autonomie auprès du ministère des Solidarités et de la Santé a annoncé « donner l’agrément de l’État à l’avenant 43 de la convention collective des aides à domicile avec à la clé des salaires revalorisés de 13 à 15 % ».

Cette revalorisation concerne les 209 000 personnels des services d’aide et d’accompagnement à domicile (SAAD) et des services de soins infirmiers à domicile (SSIAD). Cette disposition serait applicable dès le premier octobre 2021 et la ministre déléguée s’engage à ce que dès mai 2021 l’avenant 43 de la convention des personnels de santé soit validé par la commission du ministère des Solidarités et de la Santé. Il y a toujours, en matière administrative, des obstacles à franchir mais l’annonce doit être saluée. Elle est de nature à reconnaître l’importance et à améliorer l’accompagnement des personnes âgées en perte d’autonomie et vivant à leur domicile en toute dignité. Elle est aussi de nature à augmenter l’attractivité des carrières d’aide à la personne.

Demain ne sera, peut-être, plus comme avant ?