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Alimentation maladie Crohn

Alimentation et maladie de Crohn : que manger et quels aliments éviter ?

15 Oct 2026

Poussée, rémission, carences, hydratation : quels aliments privilégier ou limiter en cas de maladie de Crohn, et comment adapter les repas à domicile, en particulier après 60 ans.

2 3 Sommaire de l’article

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La maladie de Crohn est une maladie inflammatoire chronique de l’intestin qui évolue par phases en alternant des poussées inflammatoires et des périodes de rémission. Les symptômes digestifs peuvent être marqués et variables selon les personnes. Dans ce contexte, l’alimentation dans la maladie de Crohn occupe une place importante dans la gestion du quotidien. Sans remplacer le traitement médical, elle peut aider à soulager les symptômes et à prévenir les déséquilibres nutritionnels.

Quel est le rôle de l’alimentation dans la maladie de Crohn ?

Quel que soit le stade de la maladie, l’alimentation ne modifie pas le mécanisme inflammatoire à l’origine de la maladie de Crohn. En revanche, elle intervient directement sur les symptômes digestifs, la tolérance intestinale et l’état nutritionnel.

L’inflammation touche fréquemment l’iléon, une zone essentielle à l’absorption de l’eau, des sels biliaires, de la vitamine B12 et de certains électrolytes. Lorsqu’elle est altérée, plusieurs conséquences peuvent apparaître :

  • Diarrhées liées à une mauvaise réabsorption de l’eau
  • Malabsorption de certains nutriments
  • Déséquilibre du microbiote intestinal
  • Fatigue et amaigrissement

L’alimentation vise alors à limiter l’inconfort digestif, à réduire le volume des selles et à prévenir les carences, en complément du suivi médical.

À savoir :

L’alimentation dans la maladie de Crohn a pour objectif principal de soulager les symptômes digestifs. Une alimentation courante ne permet pas de prévenir une poussée ni d’induire une rémission à elle seule. Seule la nutrition entérale exclusive, prescrite et encadrée par l’équipe médicale, peut y contribuer, en particulier chez l’enfant.

Maladie de Crohn après 60 ans : des points de vigilance

La maladie de Crohn est le plus souvent diagnostiquée chez l’adulte jeune, mais elle peut aussi se déclarer ou se poursuivre à un âge avancé : environ 10 à 15 % des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin sont diagnostiquées après 60 ans. Chez la personne âgée, plusieurs facteurs rendent la question de l’alimentation plus sensible :

  • Un risque de dénutrition plus élevé, l’appétit et les apports diminuant déjà souvent avec l’âge
  • Une perte de masse musculaire (sarcopénie) accélérée par l’amaigrissement et la baisse d’activité pendant les poussées
  • Une déshydratation plus rapide en cas de diarrhées, la sensation de soif étant moins marquée
  • Des interactions possibles entre les traitements de la maladie et les autres médicaments pris au long cours
  • Une fragilité osseuse favorisée par les carences en calcium et en vitamine D et par certains traitements comme les corticoïdes

Ces éléments justifient une surveillance régulière du poids, de l’hydratation et de l’état général, en lien avec le médecin traitant et le gastro-entérologue.

Que faut-il manger en cas de maladie de Crohn ?

Les recommandations alimentaires varient selon la phase de la maladie. La tolérance digestive n’est pas la même pendant une poussée inflammatoire ou en période de rémission.

Pendant une poussée inflammatoire

En phase de poussée, l’intestin est inflammé et plus fragile. L’alimentation doit donc reposer sur une épargne digestive temporaire avec pour principaux objectifs :

  • La réduction des fibres alimentaires
  • La priorité aux aliments faciles à digérer
  • L’adaptation des textures et des modes de cuisson

Une alimentation pauvre en fibres permet de réduire le volume des selles et les fermentations dans les intestins qui sont souvent responsables des douleurs, de ballonnements et/ou de diarrhées. Les aliments sont le plus souvent consommés bien cuits, sans peau, sans pépins et sans graines.

Le fractionnement des repas peut également améliorer la tolérance digestive, en diminuant la stimulation intestinale liée à des repas trop volumineux.

En période de rémission

Quand les symptômes s’atténuent, l’alimentation peut être élargie petit à petit pour augmenter la diversité des aliments mais tout en étant attentif aux réactions personnelles.

L’introduction des aliments va donc se faire de manière personnalisée en fonction de la tolérance individuelle. Certains patients vont pouvoir réintroduire des fibres ou des matières grasses sans majoration de la symptomatologie alors que d’autres y seront plus sensibles.

Tenir un journal alimentaire (aliments consommés, quantités, symptômes ressentis) aide à repérer les aliments mal tolérés et évite des exclusions inutiles. Lorsque des troubles digestifs persistent alors que la maladie est en rémission (ballonnements, gaz, inconfort), un professionnel de la nutrition peut proposer une réduction temporaire de certains sucres fermentescibles (alimentation pauvre en FODMAPs), toujours de manière encadrée et limitée dans le temps.

En présence d’un rétrécissement de l’intestin (sténose), le gastro-entérologue peut recommander de maintenir une alimentation pauvre en fibres et en résidus, y compris en dehors des poussées, afin de limiter le risque d’occlusion.

Boire suffisamment, en poussée comme en rémission

Les diarrhées entraînent des pertes importantes d’eau et de sels minéraux (sodium, potassium). Une hydratation régulière, répartie tout au long de la journée par petites quantités, aide à compenser ces pertes. L’eau, les bouillons de légumes salés ou les tisanes sont généralement bien tolérés ; en cas de diarrhées abondantes, le médecin peut recommander des solutés de réhydratation orale. Les boissons gazeuses, très sucrées ou alcoolisées sont en revanche souvent mal supportées.

Chez la personne âgée, le risque de déshydratation est plus marqué : la soif est moins ressentie et certains signes (fatigue, confusion, bouche sèche) peuvent passer inaperçus. Une présence régulière au domicile permet de proposer à boire et de repérer ces signaux.

Maladie de Crohn : quels aliments privilégier ?

Il n’y a pas vraiment de feuille de route standardisée pour tous les patients, mais certains aliments peuvent être consommés en priorité.

Les produits laitiers bien tolérés

Si le lactose est bien supporté, certains produits laitiers peuvent être consommés :

  • Lait écrémé
  • Yaourts pauvres en matières grasses
  • Fromages contenant moins de 20 % de matières grasses
  • Desserts lactés peu gras (flans, entremets)

Ils contribuent à l’apport en calcium, vitamine D et protéines.

Les sources de protéines

Les protéines sont indispensables, notamment pour prévenir la dénutrition. Les formes les mieux tolérées sont :

  • Viandes bien cuites et tendres
  • Volailles sans la peau
  • Poissons nature
  • Œufs préparés sans matières grasses
  • Tofu

La cuisson joue aussi un rôle déterminant dans la digestibilité.

Les matières grasses les mieux absorbées

En cas de malabsorption lipidique, certains lipides sont mieux absorbés, notamment les triglycérides à chaîne moyenne (TCM). Ils peuvent être apportés par :

  • Huiles enrichies en TCM, sur conseil médical ou diététique
  • Certaines huiles végétales utilisées avec modération

L’huile et le lait de coco, souvent cités, n’apportent qu’une part limitée de TCM : leur principal acide gras, l’acide laurique, se comporte en partie comme un lipide à chaîne longue.

Les compléments nutritionnels et les carences à surveiller

Les diarrhées, les saignements et la malabsorption exposent à des carences fréquentes. Une supplémentation peut être envisagée pour :

  • Vitamines
  • Minéraux
  • Oméga-3

L’usage de probiotiques n’est pas systématique mais peut être discuté au cas par cas.

Certaines carences sont particulièrement fréquentes et sont recherchées par une prise de sang :

  • Fer : les saignements et l’inflammation exposent à une anémie, source de fatigue
  • Vitamine B12 : en cas d’atteinte ou d’ablation de l’iléon, son absorption peut être compromise et nécessiter des injections
  • Vitamine D et calcium : en particulier lors des traitements par corticoïdes, pour préserver la santé osseuse
  • Acide folique : certains traitements, comme le méthotrexate, en augmentent les besoins
  • Zinc et magnésium : en cas de diarrhées prolongées

Toute supplémentation se fait sur prescription médicale, après bilan.

Maladie de Crohn : les aliments à éviter ou à réduire

Aucun aliment n’est totalement interdit, cela va dépendre de la tolérance individuelle. On parle plutôt d’aliments à réduire ou à éviter.

Les aliments riches en fibres et en résidus

Les fruits et légumes filandreux, avec pépins ou peaux épaisses, sont souvent mal tolérés, notamment en poussée.

Les légumineuses

Haricots, lentilles, pois chiches ou soja sont difficiles à digérer pour de nombreux patients et sont à consommer avec prudence.

Le lactose en cas d’intolérance

Le lactose peut majorer les diarrhées. Les produits laitiers riches en lactose sont alors à réduire ou à éviter.

Les matières grasses en excès

En cas d’atteinte iléale ou de résection intestinale, les lipides sont mal absorbés. Les aliments riches en graisses sont alors à limiter.

Les sucreries et édulcorants

Les sucres simples et certains édulcorants favorisent les inconforts digestifs et sont généralement déconseillés.

Les épices et graines

Elles peuvent accélérer le transit et irriter la muqueuse intestinale selon la sensibilité individuelle.

Alimentation et maladie de Crohn : l’organisation au quotidien

L’alimentation dans la maladie de Crohn repose aussi sur une organisation pratique.

Le fractionnement des repas, l’ajustement des textures et des modes de cuisson, ainsi que l’attention portée à la tolérance individuelle, s’intègrent souvent dans la gestion au quotidien. Chez les personnes âgées ou fragiles, l’organisation des repas peut devenir plus complexe. Dans ce contexte, l’aide à domicile avec adiam contribue à maintenir une alimentation compatible avec la situation, en tenant compte du rythme de vie et des capacités fonctionnelles.

À savoir :

Une restriction alimentaire prolongée expose à des carences et à une dénutrition. L’élargissement de l’alimentation est à envisager dès l’amélioration des symptômes.

Maladie de Crohn : quel accompagnement à domicile avec adiam ?

Lorsque la maladie, l’âge ou une perte d’autonomie rendent l’organisation des repas difficile, plusieurs professionnels peuvent intervenir au domicile pour aider à mettre en pratique les recommandations alimentaires. Adiam, association d’aide et de soins à domicile agréée Service Autonomie à Domicile (SAD) et certifiée Afnor, intervient dans tout Paris ainsi que dans les Hauts-de-Seine (92), la Seine-Saint-Denis (93) et le Val-de-Marne (94).

Un suivi nutritionnel par une diététicienne à domicile

La diététicienne à domicile réalise un bilan nutritionnel (poids, apports, hydratation, dépistage de la dénutrition) et établit un plan alimentaire personnalisé, adapté à la phase de la maladie, aux tolérances de la personne et à ses goûts. Elle accompagne la mise en place des compléments nutritionnels oraux prescrits par le médecin et ajuste le plan au fil de l’évolution, notamment après une poussée ou une hospitalisation. Ses recommandations sont transmises au médecin traitant et à l’intervenant à domicile.

Une aide pour les courses et la préparation des repas

L’auxiliaire de vie peut faire les courses en respectant les consignes alimentaires, préparer des repas aux textures et modes de cuisson adaptés, organiser le fractionnement des prises alimentaires sur la journée et veiller à une hydratation régulière. L’aide aux courses et à la préparation des repas s’articule directement avec le plan défini par la diététicienne.

Un soutien au quotidien pendant les poussées

Pendant une poussée, la fatigue, les douleurs et la fréquence des selles peuvent rendre difficiles les gestes du quotidien. L’intervenant peut apporter une aide à la toilette, s’occuper de l’entretien du linge et du logement, et accompagner la prise des traitements en lien avec la famille et les soignants.

Dans les 8e, 9e, 10e, 17e, 18e et 19e arrondissements de Paris, le service de soins infirmiers à domicile d’adiam peut également assurer des soins d’hygiène et de confort sur prescription médicale.

Après une hospitalisation ou une chirurgie

Une partie des personnes atteintes de la maladie de Crohn est opérée au cours de sa vie (résection intestinale, stomie). Le retour à domicile s’accompagne souvent de consignes alimentaires spécifiques et d’une grande fatigue. Une aide mise en place dès la sortie facilite la convalescence à domicile et la reprise progressive de l’alimentation.

Quelles aides financières ?

La maladie de Crohn évolutive figure parmi les affections de longue durée (ALD 24, avec la rectocolite hémorragique), ce qui permet une prise en charge à 100 % des soins liés à la maladie, sur la base des tarifs de l’Assurance Maladie. Pour l’aide à domicile, plusieurs dispositifs peuvent être mobilisés selon la situation : l’APA pour les personnes de 60 ans et plus en perte d’autonomie, la PCH pour les personnes en situation de handicap reconnues par la MDPH, ainsi que le crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile. Le détail figure dans le guide des aides financières pour l’aide à domicile à Paris.

Pour étudier une situation, il est possible de faire une demande d’évaluation : un professionnel adiam se déplace gratuitement au domicile pour évaluer les besoins et accompagner les démarches.

Questions fréquentes sur l’alimentation et la maladie de Crohn

Quel est le lien entre maladie de Crohn et alimentation ?

L’alimentation n’influence pas le mécanisme de la maladie, mais elle permet d’agir sur les symptômes digestifs et l’état nutritionnel.

Quels aliments faut-il éviter avec une maladie de Crohn ?

Certains aliments sont moins bien tolérés selon la phase de la maladie et les symptômes présents. Les apports en fibres, en matières grasses ou en sucres peuvent nécessiter des ajustements, en fonction de la tolérance digestive individuelle.

Que manger pendant une poussée de maladie de Crohn ?

Pendant une poussée, une alimentation pauvre en fibres, bien cuite et fractionnée est généralement mieux tolérée.

Peut-on manger normalement avec une maladie de Crohn ?

Oui, en dehors des poussées, l’alimentation peut être progressivement élargie, sous réserve de la tolérance personnelle et du suivi médical.

Existe-t-il un régime alimentaire spécifique pour la maladie de Crohn ?

Il n’y a pas de régime universel, l’alimentation est adaptée aux symptômes de chaque personne et à la phase de la maladie.

Faut-il boire davantage en cas de diarrhées liées à la maladie de Crohn ?

Oui. Les diarrhées entraînent des pertes d’eau et de sels minéraux qu’il faut compenser en buvant régulièrement, par petites quantités. Chez la personne âgée, dont la sensation de soif est moins marquée, cette vigilance est d’autant plus importante.

Une diététicienne peut-elle intervenir à domicile en cas de maladie de Crohn ?

Oui. À Paris et en petite couronne, adiam propose l’intervention d’une diététicienne au domicile pour réaliser un bilan nutritionnel et adapter l’alimentation à la phase de la maladie, en lien avec le médecin traitant.

La maladie de Crohn donne-t-elle droit à une aide à domicile ?

La maladie de Crohn n’ouvre pas à elle seule un droit automatique à une aide à domicile. Selon l’âge et le degré de perte d’autonomie, l’APA, la PCH ou certaines aides des caisses de retraite peuvent en revanche financer tout ou partie des interventions. Le crédit d’impôt pour l’emploi à domicile s’applique également.

Sources

  • Bischoff SC et al. ESPEN guideline on clinical nutrition in inflammatory bowel disease. Clinical Nutrition, 2023.
  • afa Crohn RCH France, association de patients : afa.asso.fr
  • Assurance Maladie, liste des affections de longue durée (ALD 24) : ameli.fr

Les informations de cet article sont fournies à titre informatif et ne remplacent en aucun cas l’avis, le diagnostic ou le suivi d’un médecin ou d’un professionnel de santé. Avant toute modification de l’alimentation ou de la prise de compléments, demandez conseil à votre médecin traitant, à votre gastro-entérologue ou à votre diététicien.



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  • Depuis 1965
  • + 4 000 usagers
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