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Être proche aidant n’est pas considéré comme un métier à part entière. Cependant, le nouveau statut juridique d’aidant permet de bénéficier d’aides financières pour mieux assumer ce rôle. En effet, ils ont eux aussi besoin d’aide : découvrons donc ensemble les solutions et aides aux aidants familiaux visant à soulager leur charge de travail et les accompagner.

Comment fonctionne le statut d’aidant familial ?

Un proche peut décider de s’occuper quotidiennement ou régulièrement d’une personne en perte d’autonomie ou souffrant d’une maladie chronique nécessitant la présence d’une tierce personne. Pour soutenir cette démarche, le statut d’aidant familial a été créé : il ouvre des droits pour des aides aux aidants familiaux et congés spécifiques. Les aides varient selon divers critères :

  • l’âge ;
  • le lien familial ;
  • la situation familiale, sociale, professionnelle du proche ;
  • la situation personnelle de l’aidant.

Un proche aidant assiste une personne dépendante de façon régulière, non professionnelle, et permanente ou non. Au niveau des aides à domicile, il peut s’agir de soins divers, d’aide administrative, d’activités domestiques ou encore de réalisation de gestes de la vie quotidienne comme les courses.

Les aides financières pour un aidant familial

Pour s’occuper d’un parent âgé : l’APA

La première des aides aux aidants familiaux est celle de l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie). Si le proche aidé n’est pas éligible à l’APA, alors il peut employer librement l’aidant en tant qu’aide à domicile. Sinon, l’APA sert à le rémunérer en tant qu’aidant familial (sauf pour les conjoints, concubins et partenaires de PACS). L’aidant perçoit un salaire qui lui permet de bénéficier des droits sociaux attachés au statut de salarié (sécurité sociale, assurance vieillesse et congés payés). Le proche aidé devient l’employeur et doit respecter des obligations comme :

  • une déclaration d’embauche à l’Urssaf ;
  • les obligations prévues par le Code du travail (contrat de travail, bulletins de paie, etc.) ;
  • le paiement des cotisations sociales et des salaires.

Le droit du répit

L’aide aux aidants familiaux de l’APA peut être complétée par un droit au répit (uniquement si le proche âgé aidé est bénéficiaire de l’APA). Il s’agit d’un droit pour l’aidant de prendre du temps pour lui lors de la prise en charge d’une personne fragilisée par la maladie, l’âge ou le handicap. Depuis la réforme de l’APA en 2016, un proche aidant peut toucher une aide de maximum 506,71 € par an et par personne aidée. Cette enveloppe aide à financer l’accueil de l’aide durant le temps de repos de l’aidant (accueil de jour, accompagnement à domicile ou séjours de vacances). Un dispositif d’urgence en cas d’hospitalisation de l’aidant a également été mis en place pour prendre temporairement en charge la personne aidée avec un montant maximum de 1 012,76 €.

Pour s’occuper d’une personne handicapée : la PCH

Parmi les autres aides aux aidants familiaux, on retrouve la PCH (Prestation de Compensation Handicap), aide dite « humaine » pour rémunérer (ou dédommager) davantage un aidant familial. Son montant est de 3,94 € par heure ou bien de 5,91 € par heure si l’aidant familial diminue ou quitte son activité professionnelle. Pour toucher cette aide financière, l’état de la personne aidée doit nécessiter une aide totale, c’est-à-dire pour la quasi-totalité des actes essentiels avec une présence constante (ou presque) due à un besoin de soins ou d’aide pour la vie quotidienne. Dans le cas où l’aidant familial ne serait pas le conjoint ou un enfant du proche accompagné, il ne peut pas être retraité et il doit avoir renoncé à travailler de manière partielle ou totale pour assurer cette prise en charge.

Pour s’occuper d’un enfant handicapé : l’AEEH

Pour s’occuper d’un enfant handicapé de moins de 20 ans, il existe l’AEEH (Allocation d’Éducation de l’Enfant Handicapé). Cette aide aux aidants familiaux contribue à l’éducation de l’enfant et au financement de ses soins. Elle tient compte du temps consacré à l’enfant en tant que parents du fait de son handicap.

Pour s’occuper d’un proche invalide : la MTP

Enfin, dans les dernières aides aux aidants familiaux, on retrouve la MTP (Majoration pour Tierce Personne). Elle est dédiée aux personnes invalides et offre une majoration de leur pension d’invalidité dans le cas où elles auraient recours à une tierce personne pour effectuer les actes ordinaires de la vie quotidienne. Ainsi, la MTP peut servir à rémunérer un proche aidant. Son montant est de 1 125,29 € par mois et n’est pas imposable (en sachant que le montant est revalorisé tous les ans). C’est la CPAM qui détermine si le proche aidé peut en bénéficier.

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Les autres aides pour aidants familiaux

L’accompagnement psychologique

En dehors des aides aux aidants familiaux qui ont trait à l’argent, il existe également des accompagnements psychologiques : groupes d’entraide ou de parole, associations d’aidants, consultations auprès de spécialistes, etc. Renseignez-vous auprès de la mairie de votre lieu d’habitation, à la maison départementale des personnes âgées ou encore auprès de l’organisme de retraite du proche aidé. Toutes ces aides permettent de soulager la charge émotionnelle et morale, qui peut peser considérablement sur le quotidien de l’aidant familial. Vous pouvez également y recueillir des conseils précieux pour apprendre et assimiler vos différentes tâches et votre rôle d’aidant.

L’aide à l’apprentissage du travail d’aidant

Enfin, le ministère de la Santé et des Solidarités a aussi publié un « Guide de l’aidant familial », document très souvent mis à jour pour accompagner les aidants dans leur travail. Ce guide permet à chacun de se familiariser avec sa mission d’aidant, comprenant des conseils divers et nombreux pour aider les personnes dépendantes au quotidien. Il intègre aussi des indications sur les droits de la personne aidée et ceux de la personne aidante, mais aussi les numéros de téléphone et les noms d’organismes et des associations vers qui il est possible de se tourner pour obtenir de l’aide.