L’ÉDITO
Par Betty Elkaïm,
Directrice adiam Solidarité.

Chères Amies, chers Amis,
Depuis des mois nous n’avons plus la possibilité de nous réunir autour d’un Kasekuchen et d’un Strudel.
Comme vous nous manquez beaucoup, l’équipe de l’adiam Solidarité a décidé de créer ce petit journal, afin que nous puissions rester en contact et vous dire que nous ne vous oublions pas.
Depuis la création de l’adiam en 1965, puis de l’adiam Solidarité, nous sommes toujours à vos côtés et à votre disposition dans le cadre de nos missions.
Alors que l’année touche à sa fin, nous vous envoyons des lumières d’espoir pour Hanouka !

menora hanouka

LA CITATION DU JOUR

« On parle pour tisser un lien, on écrit pour donner forme à un monde incertain, pour sortir de la brume en éclairant un coin de notre monde mental. Quand un mot parlé est une interaction réelle, un mot écrit modifie l’imaginaire. »
Extrait de La nuit, j’écrirai des soleils, de Boris Cyrulnik.

MINUTE HUMOUR

David, le violoniste russe, rend folle sa femme Léa en jouant toujours la même et unique note.
Un jour, sa femme rentre à la maison et s’adresse à David :

Léa – En marchant dans la rue, j’ai entendu par une fenêtre ouverte un violoniste jouer une mélodie merveilleuse. Qu’attends-tu pour jouer des vraies mélodies ?

David – Tu dois comprendre que le musicien que tu as entendu cherche LA note. Moi, je l’ai trouvée ! »

Extrait du Dictionnaire amoureux de l’Humour juif, A. Biro.

UN MOT EN YIDDISH,

c’est toute une histoire…

עלעטניפ – Pintélè

Un petit coin de lumière

En chacun de nous, peut se trouver un petit coin de lumière où se loger quand les temps deviennent trop rudes. Un lieu chaleureux qui réchauffe le cœur. Chacun peut le nommer comme il veut : imagination, rêverie, méditation, ou souvenirs heureux !

JOYEUX HANOUKA !

LUMIÈRE SUR UNE OEUVRE

Lampe de Hanouka, Francfort, début du XVIIIème Siècle. Le personnage qui la surmonte est Judith tenant la tête d’Holopherne. Les branches du chandelier reproduisent les « boutons et les fleurs » du chandelier original du Tabernacle, et sont ornées, en haut, d’animaux, de chasseurs et de guerriers. Le socle est soutenu par quatre lions héraldiques.

menora

LA RECETTE DE MAMIE GOLDÉ

LÉ LATKESS DÉ BOBÉ RIVKÉ
Nous vous proposons une recette à lire à voix haute !

Léï ongrédion :

recette latkesPour bien l’onfer, il faut
– a kilou dé grosse pomme dé terre
– a gross ognionne
– dé la farine
– dé efs
– di sel ou di sicre on poudre

Lé récette :

Pluchéï a kilou dé grosse pommes dé terre et a gros ognonne.
Rapéï lé tout sir a grosse rape.
Ajoutéï 3 ou 4 cvillères dé la farine, dé efs, saléï et mélongéï lé tout.
Prénéï a bonne cvillère à soupe di mélonge, et lé faire rissoleï dons la poële ou crépite lé vuile chou.

Varionte : on peut ne pas mettre d’ognionne. Autre varionte : soupoudréï avec di sicre on poudre pour servir et on monge pour quatre hère avec a glouss dé théï.

A bon appétite.

L’INFORMATION PASSÉE INAPERÇUE

Le musée ouvert à toute épreuve !
Par Déborah Gutmann

À Londres, en hiver 1942, le directeur de la National Gallery ouvre son musée, malgré tout. Et si une œuvre devenait un baume au cœur ?

gallerieUne forme de résistance – Un jour, surpris, le directeur du fameux musée, M. K. Clark, lut dans « The Times » un article qui lui était adressé. Un lecteur émet l’idée de rouvrir les musées malgré les bombardements allemands. « Parce que le visage de Londres est marqué et meurtri ces jours-ci, nous avons plus que jamais besoin de voir de belles choses. » L’ouverture d’un musée, acte banal, voire évident, prend alors le statut d’acte de résistance.

Les œuvres cachées – Afin de protéger les œuvres des plus grands maîtres – Le Titien, Velázquez, Renoir, etc. – le musée les cacha dans des mines d’ardoise galloises. Désormais souterraines, les œuvres ne laissaient plus que de vagues souvenirs pour les visiteurs. Les londoniens étaient dans l’impossibilité de les retrouver.

Goutte à goutte – Suite à cette lettre-article, une exposition mono-œuvre se mit en place. Chaque mois, une peinture faisait le voyage de Manod à Londres. Le jour, entourée de deux gardes, elle passait chaque nuit dans une chambre forte. Sortie de sa cachette, l’œuvre devint un trésor pour le regard des londoniennes et londoniens.

Des regards réchauffés – Une question demeure : pourquoi s’adresser à un directeur de musée en plein temps de guerre ? Le rôle politique de l’art entre ainsi en jeu. Là où la survie prime et prend toute la place, une lueur subsiste : celle d’un ailleurs. Dans un temps où les écrans étaient absents, le musée fut, plus que jamais, une fenêtre sur le monde : un monde passé, un monde fiction, un monde rêvé.

Ces œuvres-espoir ont ainsi pu offrir un refuge précieux vers un imaginaire, qui, dans ce contexte, se voyait étouffé. Ce rituel de l’image du mois, alors mit en place, persiste encore de nos jours.

Source : « Besoin de réconfort » de Adeline Pavie, artips.fr

POINT CULTURE

Marc Chagall vers 1920, Photo de Pierre Choumoff

Documentaire « CHAGALL, ENTRE DEUX MONDES »

De Vitebsk à Paris, sa deuxième ville natale, un « artiste au-dessus de la tragédie de la vie ».
Suggéré par Alexandra Choukroun

Un très beau portrait que nous offre la chaîne Arte, retraçant le parcours du jeune artiste entre 1910 et 1930. Une période cruciale et fondatrice, entre l’attachement à la culture russe, la persécution des juifs et la frénésie artistique des Années folles parisiennes.
Chagall façonne son univers entre tradition et modernité, entre amour, réjouissements et tragédies. Couleurs éclatantes mais aussi encre noire de Chine, nous submergent d’émotion au gré des périodes du peintre et de l’histoire. Une subtilité universelle, une richesse singulière.

Prochaine diffusion le dimanche 27 décembre à 6h50 sur Arte.
Visionnage possible sur le site de la chaîne ou en « replay » jusqu’au 27/01/2021

VOS CONTRIBUTIONS
Un texte, un mot, une histoire et autres petits trésors.
POUR LA MÉMOIRE DE MON PÈRE, VIRTUOSE VIOLONISTE
Par Nadia Chtromberg
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TÉMOIGNAGE

« La transmission » par Ida Apeloig

Ida-Apeloig

Mon Père dans son atelier de travail

Un jour de mars 2002, regardant les informations de 13h à la télé, je découvre à la fin du journal un reportage sur la Semaine de l’artisanat. Chaque jour, cette émission propose de découvrir une personne dans l’exercice de sa profession.

Ce jour-là, apparaît un jeune homme dans son atelier d’ébénisterie d’art, en banlieue parisienne. Ses explications ne durent que 1 minute 30. Mais cela est suffisant pour me permettre de me rendre compte, que son atelier présente des similitudes à celui de mon père, Samuel Rozenberg, Faubourg Saint-Antoine à Paris. Mon père Samuel (Schmil) était venu en 1930 de Kazimierz-Dolny en Pologne où il était ébéniste d’art de père en fils. Que ce jeune ébéniste parle de son métier avec un tel enthousiasme et une telle passion que je crois voir dans les meubles qu’il était en train de fabriquer, ceux de mon père. J’ai tout de suite eu envie de connaître ce jeune inconnu.

Après un parcours assez laborieux pour obtenir ses coordonnées, je réussis et j’ai enfin le prénom et le nom : Jérôme T. Je m’empresse de prendre contact avec lui, et nous convenons qu’il vienne le plus rapidement possible à Choisy-le-Roi, où j’habite.

Un samedi matin, je vois arriver, « mon ébéniste » accompagné de son père.

Ce jeune est né en novembre 1976. Il m’intrigue. Je le regarde. Ses mains commencent à prendre la forme de celles de mon père ; je suis très curieuse et impressionnée. Nous commençons à bavarder. Son père et sa mère sont médecins. Jérôme a deux sœurs. L’aînée est avocate, la plus jeune termine ses études pour être procureur. Ses grands-parents paternels étaient instituteur et infirmière. Ses grands-parents maternels, caméraman et comptable.
D’où vient cette passion pour les meubles ?
Jérôme a fait un bac scientifique et une année de faculté de sciences et physique. Mais, depuis toujours, dès l’enfance, il découvre son penchant pour tous les objets en bois ; c’est la matière qui le subjugue ; il la côtoie dans les instruments de musique, piano, violon, et en plus, il s’intéresse à l’histoire de l’art du mobilier de style.
À 19 ans, il explique à ses parents qui l’écoutent, qu’il veut apprendre le métier d’ébéniste d’art. Il va s’inscrire tout seul au Centre de formation d’apprentissage, (CFA) section bois, à Paris.
Il a le soutien familial, ses parents lui font confiance et acceptent, car ils se rendent compte que l’implication et la volonté de leur fils sont tellement fortes, qu’ils lui accordent les moyens moraux. Ils suivent ses études et l’encouragent.

Les résultats sont excellents. Ils prouvent et confirment le talent de Jérôme. Cela est une façon de les remercier.

Il commence un CAP d’ébéniste qu’il obtient au bout de trois ans, en observant le cursus, une journée d’école par semaine et le reste chez un professionnel. L’atelier choisi est spécialisé dans la restauration des meubles anciens et du vernis au tampon. Ensuite, il continue en préparant un BP (brevet professionnel) de meubles contemporains. Pendant les deux années que durent cette préparation, il fréquente l’école pendant une semaine puis l’autre semaine dans un atelier de créateur.

Ses études en mathématiques l’ont beaucoup aidé pour commencer la création de meubles. Pendant ces cinq années d’étude, il installe un atelier dans le sous-sol du pavillon de ses parents, et commence à chercher une clientèle qu’il trouvera.

Cela va lui permettre de gagner, en économisant, une partie de l’argent nécessaire pour s’installer à son compte. Il trouve un local à Bagnolet, et s’installe le premier octobre 2001. Il a 25 ans. J’écoute son récit avec grande attention. Je dois avouer que je suis émue. À ce moment-là, me vient l’idée, de donner à Jérôme une grande partie des outils de mon père dont j’avais hérité ainsi que du placage en bois de rose, des bronzes, de la visserie, des planches de bois exotiques très anciennes.

Je propose de lui céder gratuitement tout cela. Il accepte avec plaisir et est très touché par cette donation inattendue.
Il m’invite à visiter son atelier.
Quel choc ! Quand je suis entrée, j’ai trouvé la même façon de ranger le bois que chez mon père, les mêmes gestes, les mêmes caresses que mon père faisait sur le bois. Et l’émotion finale, c’est en respirant l’odeur de la colle d’os, qui fondait tout doucement dans un pot sur un réchaud.

Nous voilà devenus, plus que des amis. Nous nous voyons régulièrement. Jérôme m’invite en janvier 2004, au Salon du meuble où il a pu obtenir un stand dans la section « jeunes créateurs ». Avec mon mari, nous nous empressons d’y aller. Nous cherchons et nous trouvons notre jeune ébéniste qui prend le temps de nous expliquer les meubles qu’il a créés, en utilisant d’autres matières que le bois (cuir, métal). Ce mélange est pour moi inhabituel. Et, au milieu du stand, je vois une petite table basse en palissandre, avec un soleil en marqueterie. C’est exactement ce que faisait mon père. Il est devenu le maître de Jérôme. J’ai craqué …

En mars 2006, Jérôme obtient le titre de « Maître ébéniste ». Il me convie à une réception dans son atelier pour fêter cela. Je suis présentée à deux professeurs de son école CFA. Encore un hasard. L’un d’eux était installé dans le « Faubourg Saint-Antoine », juste en dessous de l’atelier de mon père. Il l’a connu, et m’a fait savoir qu’il était le seul à fabriquer des commodes Louis XV d’une certaine façon, et que cela avait une très grande réputation. Cette explication inconnue m’a rendue fière de mon père. Les professeurs m’ont fait connaître les difficultés de trouver des élèves motivés par ce métier ; beaucoup arrivent dans ces écoles professionnelles parce qu’ils ont échoué ailleurs.

J’ai pensé qu’il serait intéressant de témoigner, avec Jérôme, sur la beauté de ce métier et de l’intérêt qu’il y a dans son apprentissage. Le récit de notre rencontre pourrait être un sujet d’encouragement à poursuivre de telles études. Que ces anciens métiers puissent encore exister et permettent de gagner sa vie.

Il y a quelques jours, Jérôme est venu pour emporter les derniers outils de mon père que je lui ai donnés. Je lui ai dit que si mon père pouvait voir cela, il en serait très heureux. Jérôme m’a répondu, avec grande émotion : « merci de m’avoir confié ses outils ! »

LES AVENTURES DE TINTIN REVISITÉES

et partagées par Henri Spatzierer, dont voici deux extraits

MAURICE OBRÉJAN, LE PREMIER BÉBÉ CADUM, EST MORT À L’ÂGE DE 92 ANS
Par Marcel Apeloig

aventures tintinEn 1925, il avait obtenu le titre du plus beau bébé de France. Maurice Obréjan, premier lauréat du concours « Bébé Cadum », est mort à Paris à l’âge de 92 ans, selon un avis publié par le président et le bureau des Amitiés de la Résistance, samedi 24 juin dans Le Figaro.

Résistant et déporté pendant la guerre, il était resté parrain de cette élection organisée chaque année par la marque de cosmétique. Il a été inhumé au cimetière du Père-Lachaise, à Paris. Juif français déchu de sa nationalité, Résistant à 17 ans, il avait été arrêté en 1942 et déporté avec toute sa famille. Il en avait été le seul rescapé.

« Même en déportation,
on m’appelait Bébé Cadum »

 Né d’un père roumain et d’une mère polonaise, Maurice Obréjan a vécu une enfance pauvre, aidant ses parents sur les marchés. « Mes parents m’ont inscrit car tout le monde disait que j’étais un beau bébé. La chance a fait le reste. Même en déportation, mes compagnons d’infortune m’appelaient « Bébé Cadum ». Malgré les circonstances, j’étais la star… », confiait-il à l’AFP en 2010.

Décoré plusieurs fois pour des actes de résistance, cet ancien directeur commercial, resté parrain d’Honneur de l’élection du « Bébé Cadum », toujours organisé par la marque de produits cosmétiques, a raconté son parcours dans Un homme trois fois Français, paru aux éditions du Petit Pavé.

« Une histoire qui échappe à la règle générale : celle d’un petit garçon qui a été le plus beau bébé de France, le « Bébé Cadum » des années 1930 qui souriait avant la guerre sur nos panneaux d’affichage. Et on imagine mal que ce bambin qui a fait sourire la France entière ait pu un jour être le numéro 178 177 d’un camp de la mort, au temps de la Shoah », résume l’éditeur sur son site.

UN JOYEUX REMÈDE

par Nelly Scharapan

Quelle époque ! Nous sommes déstabilisés, malmenés, frustrés, anxieux.
Mais il y a un remède : le RIRE.

« Mieux vaut en rire qu’en pleurer » dit le dicton.

Dans un journal scientifique il est écrit : « le rire, formidable pompe à endorphines pour temps de crise ».

« Le rire est un lien universel qui rassemble tous les hommes » dit un proverbe juif.

Je vous propose donc une dose de « bons mots » pour soulager nos maux :
Vieillir, c’est trois choses : la première c’est perdre la mémoire, les deux autres je ne m’en souviens plus.

Quelles que soient les mauvaises nouvelles, vous devez continuer à vivre, même si cela vous tue.
Sholem Alekhem.

– Ah non, docteur, plutôt mourir que de se faire opérer !
– Mais chère Madame Rozenberg, l’un n’empêche pas l’autre.

Devinette : Quelle est la définition d’un psychiatre ?
C’est un Juif qui voudrait être médecin (pour faire plaisir à sa mère), mais qui s’évanouit à la vue du sang.

Un Juif se cogne à un antisémite en traversant la rue.
– Sale cochon, insulte l’antisémite.
– Enchanté, moi c’est Eisenberg, répond le Juif courtoisement.

– Docteur, j’espère que je suis malade, parce que je n’aimerais pas me sentir aussi mal si je suis en bonne santé !

Le docteur téléphone à Momo, très en colère :
– Votre chèque d’il y a deux jours est revenu !
– Mes rhumatismes sont revenus aussi, répond patiemment Momo.

Un très vieux Juif orthodoxe vient prier tous les jours au Mur des lamentations depuis soixante ans pour qu’enfin Juifs, Chrétiens et Musulmans fassent la paix.
Informée du fait, impressionnée, Rebecca Lévy, journaliste à CNN, décide de l’interviewer :
– Que ressentez-vous après avoir prié avec tant de ferveur depuis près de 60 ans ?
– J’ai un peu l’impression de parler à un mur !

Pour les catholiques, le fœtus est considéré comme un être humain à part entière dès la conception.
Pour les juifs, le fœtus reste un fœtus jusqu’à ce qu’il ait obtenu son diplôme de médecin.

Trois amis se retrouvent après le mariage d’un ami commun.
– Moi, fait le premier, je lui ai offert un service à café pour douze personnes.
– Moi, dit le deuxième, un service à thé pour vingt-quatre personnes.
– Et moi, déclare le dernier, je lui ai apporté une pince à sucre pour deux cent cinquante personnes !

Vu sur la pierre tombale d’un hypocondriaque : « Je vous l’avais bien dit ».
A une station d’autobus du quartier de Méa Chéarim à Jérusalem, montent une femme et son fils.
La mère s’adresse en yiddish à l’enfant et celui-ci s’obstine à lui répondre en hébreu.
La mère fait d’abord semblant de ne pas comprendre, jusqu’à ce que le petit répète en yiddish.
Un passager s’énerve et s’exclame :
– Mais pourquoi obligez-vous cet enfant à parler yiddish ?
– Pour qu’il n’oublie pas qu’il est Juif !

Deux étudiants de yechiva discutent de la vie et de la mort, et l’un d’eux énonce cette conclusion :
– En fin de compte je pense que la mort n’est pas un malheur, parce qu’on a tant de soucis sur terre qu’il vaut mieux ne pas être né.
– Tout à fait d’accord, acquiesce l’autre, mais combien d’hommes ont eu cette chance ?

Avec toute ma reconnaissance et amitié à la formidable équipe adiam Solidarité.
Bises et bon courage à toutes et à tous. A biguizint – Nelly nelly.scharapan@wanadoo.fr

UN PETIT MOT

De Jacqueline Dykerman

Quelle bonne idée que la création de ce journal ! C’est un moyen de s’exprimer, surtout dans cette période de confinement. Tout est fermé ! Le club où je jouais au tarot, le cinéma avec ses films d’auteur, les expositions tellement belles. Cela nous plonge dans cette période où tout nous était interdit. Le confinement m’a fait rechercher dans ma vieille bibliothèque des livres que je n’avais pas encore lus. Et je suis partie à la recherche de Swan, je ne savais pas que j’allais autant aimer Proust. Bien sûr, j’ai dû assez souvent ouvrir le Dictionnaire… Cela contribue à s’enrichir et s’instruire. Je continue mes lectures, parfois je suis déçue par un auteur, mais je continue encore car j’aime tant lire !

HISTOIRE DRÔLE

Par Claude Pierre Yaèche

 
Ça se passe sous l’occupation.
 
Un restaurateur avait un magnifique perroquet à l’entrée de son restaurant. Il avait de très belles plumes et surtout il parlait, ce qui constituait une attraction non négligeable pour sa clientèle.

Depuis quelque temps, il répétait cependant les mêmes mots :  « à bas hitler ! à mort hitler ! »
Passe un officier de la wehrmacht. Il entend les paroles du perroquet. Furieux et rouge de colère, il appelle le responsable du restaurant. « Mon ami quand je repasse, s’il recommence je vous jette dans les griffes de la gestapo ! »

Le pauvre restaurateur ne sait plus quoi faire. Il ne veut pas se séparer de son perroquet auquel
il s’est attaché et qui, grâce à ses aptitudes, contribue à la popularité de son restaurant.

Il a une idée : je vais aller voir le curé car il est toujours de bon conseil !

Après avoir écouté
son histoire, le curé lui
répond : « écoutez, j’ai ici
un perroquet qui ressemble
au vôtre, je vous le prête et
vous me le rendrez plus tard ».

A moitié rassuré, le restaurateur
le prend et l’installe à la place
du sien, à l’entrée de son res-
taurant.

Repasse l’officier de la wehrmacht.

Il voit le perroquet, se frotte les mains et
décide de le provoquer : alors vas-y dis-le !
à bas hitler, c’est bien ça ! à mort hitler ! à mort hitler !
 
Et le perroquet de lui répondre : « que D. vous entende mon enfant ! »